No Pain No Gain ? Faut il souffrir pour progresser ?

no pain no gain

Faut-il souffrir pour progresser ? Es-tu à l’écoute de tes sensations ? T’arrive-t-il de te blesser plus souvent que la moyenne ? Finalement, sais-tu dire stop au bon moment ?

Bien entendu, tu peux être plus fragile que la moyenne. Tu peux, en fonction de ton activité ou de ton passé, il peut arriver que tu aies souvent des blessures.

Mais aujourd’hui, peut-être que si tu te blesses très régulièrement, c’est aussi parce que tu n’es pas suffisamment à l’écoute de ton corps. Et c’est encore plus important, si tu es débutant, car toutes ces vidéos, où tu peux voir, de motivation, où tu peux voir les sportifs qui endossent cette cape de super-héros, en mode « No Pain No Gain », qui prônent la souffrance et le dépassement de soi à chaque séance, est-ce qu’ils ne t’influencent pas dans la mauvaise direction ?

Car, ce schéma de pensée, vaincre ou mourir, ce n’est pas celui que je partage. Et ce n’est pas non plus le cas de Greg, le kiné des sportifs, et on en parle tout de suite. Tu es prêt ? C’est parti !

 

Savoir quand s’arrêter, quand c’est trop

Thomas : Tu me parlais de longues distances sur la course à pied qui n’étaient pas forcément idéales. Qu’est-ce que tu appelles longues distances, à partir de quelle durée tu peux estimer globalement et approximativement que ça peut commencer à être traumatisant ?

Greg : Et bien, en fait c’est une question assez subjective, parce que tout dépend du type de personnes, de son âge, de comment il est, comment son organisme fonctionne, mais l’idéal en fait, c’est que le sportif soit vraiment à l’écoute de son corps. C’est-à-dire que dès qu’il sent une petite sensation, il ralentit et ça, c’est tout le  problème des sportifs, que la plupart des sportifs ne sont pas à l’écoute de leur corps. En fait, souvent on écoute de la musique quand on court. On court, on court, et on n’a pas cette de conscience corporelle. Donc, vraiment si le sportif, il est à l’écoute de son corps, il sait quand il faut s’arrêter en fait, il sait quand, c’est trop. C’est important de se dépasser en sport, mais il ne faut pas en faire trop, tout le temps en fait.

Thomas : Finalement, on met peut-être un peu l’égo de côté en disant, « voilà moi j’ai fait telle performance la dernière fois, si aujourd’hui, je fais moins bien, c’est parce que je me sens peut-être pas bien » et être capable de se dire, « ce n’est pas grave, je me sens pas bien aujourd’hui, j’écoute mon corps ».

Apprendre à écouter son corps pour ne pas dépasser les limites

Greg : Voilà, c’est ça parce que nous on retrouve beaucoup de sportifs au cabinet ici, parce que c’est un cabinet de sport, qui se sont trop donné en fait. Il se sont donné trop au maximum, ils voulaient se donner au maximum.

Thomas : Ils veulent dépasser leurs limites, No Pain, No Gain.

Greg : C’est ça, mais finalement, ils se blessent, donc il faut faire très attention, faut être à l’écoute de son corps. Justement les étirements, ça permet vraiment d’être à l’écoute de son corps.

Thomas : Ça augmente,

Greg : La conscience, mais ceux qui font de la natation justement, on l’avantage par rapport à la course à pied, ils n’ont pas ce problème là, parce que quand tu fais de la natation, tu as les yeux fermés. Donc, tu occlus un système sensoriel.

Thomas : Si tu n’as pas des lunettes, après si tu as les lunettes, tu vois quand même, tu vois ce que tu fais.

Greg : Même, ce n’est pas la même que quand tu cours, tu vois les paysages.

Thomas : D’accord, effectivement, tu vois que les carreaux.

Greg : Tu vois le danger, les cailloux. Tu vois ? Là en natation t’est vraiment plus kinesthésique, à l’écoute de ton corps. Ca j’ai remarqué, ceux qui font de la natation, ils sont vraiment plus à l’écoute de leur corps, même quand ils parlent, ils ont plus un langage kinesthésique, « je me sens plus … » ils utilisent vraiment

Thomas : Le langage vraiment du corps et moins la vue, moins l’audition, effectivement l’audition en natation il n’y en a pas du tout non plus.

Greg : Oui, justement, l’audition, j’ai oublié de le signaler. L’audition, la vue, donc c’est vraiment très kinesthésique. Ca développe vraiment la conscience de soi, la natation. Et ça c’est vraiment intéressant je trouve !

Quel est ton mode de fonctionnement favori ?

Thomas : Ça me rappelle un peu le discours qu’on avait pu avoir sur la préparation mentale avec les différences, la façon de fonctionner des gens, que ce soit par la vue, par l’ouïe ou plutôt par la fonction kinesthésique. Et on en avait déjà parlé ça un peu, et en fait en natation, c’est intéressant ce que tu dis, parce que il n’y a pas trop, enfin il n’y a pas du tout l’audition, il y a très peu la vue, parce que c’est un peu toujours la même chose. Et en revanche, c’est vraiment les repères kinesthésiques qui doivent être mis en avant et pour quelqu’un qui est peut-être plus visuel ou qui est très auditif, cela peut être très déstabilisant.

Greg : Voilà, c’est déstabilisant au début, mais j’ai remarqué que ceux qui sont très visuels, ils ne sont pas à l’écoute de leur corps, parce qu’ils voient des images, ils se disent j’y vais à fond, tu vois, ils sont très visuels, très motivationnels. Ils ne sont pas trop à l’écoute de leur corps, ils se blessent facilement, parce qu’ils n’écoutent pas les petites sensations qu’ils peuvent percevoir. Du coup, la natation ça peut être bien pour eux, pour vraiment percevoir…

Thomas : Ça peut être une façon, finalement de basculer de mode de fonctionnement et permettre d’être plus à l’écoute et de développer des, comment dire, une sensibilité différente par rapport à ton corps.

Greg : Voilà ! Quelqu’un qui ne fait pas beaucoup de natation, il va commencer la natation, il n’a pas l’habitude d’écouter son corps, pour lui au début, ça va être très difficile. Mais il faut qu’ils sache que tout début est difficile.

Thomas : Oui, bien sur.

Croiser les domaines pour développer ses capacités

Greg : Au début quand on est petit, on essaye d’apprendre à marcher, on tombe dix mille fois, au final on arrive à marcher. Tous les débuts sont difficiles, mais c’est la progression qui compte et le fait de se dépasser, mais dans le domaine où on est faible aussi. Un coureur il peut être fort dans son domaine, mais faut qu’il ait exploré d’autres domaines pour perfectionner même son propre domaine.

Thomas : Oui, bien sur, c’est important de croiser finalement les domaines, d’essayer différentes choses pour s’améliorer, pour progresser. Ok.

Greg : La pluridisciplinarité c’est très important.

Thomas : Pluridisciplinarité, ce sera le mot du jour, pluridisciplinarité. Donc pour ceux qui font du triathlon, la pluridisciplinarité, on en parle tout le temps donc, que ce soit les cyclistes, enfin le cyclisme, la natation et la course à pied. Souvent, le gros point noir, c’est la natation et peut-être justement, ça peut être une de ces raisons, le fait de changer de mode de perception, de devoir être beaucoup plus sensible à ses repères du corps, donc la kinesthésie. Et donc, peut-être d’essayer de développer, ces sens là, d’être plus à l’écoute de son corps, ça peut permettre, par exemple, pour un cycliste qui est performant, ou pour un coureur qui est performant, de développer une nouvelle sensibilité, d’apprendre et de progresser finalement dans sa propre discipline.

Greg : Voilà, parce que même, il y a plusieurs méthodes pour avoir plus conscience de son corps, on retrouve la méditation, le yoga aussi, qui est très à la mode en ce moment. Mais le problème, c’est que c’est quelque chose qui n’est pas dynamique, qui est statique même. Un sportif, il a besoin de mouvements, tout ça. Donc la natation c’est un bon compromis !

Thomas : C’est un bon compromis oui, effectivement, on va faire un sujet carrément là-dessus, ce sera le titre de la vidéo, « le bon compromis pour devenir un sportif sensible » Ce n’est pas mal ça !

 

J’espère que cet entretien avec l’expert t’a plu. Si c’est le cas, comme d’habitude, tu peux nous le dire dans les commentaires. Et j’aimerais sincèrement avoir ton avis en commentaire, sur quelle est ta vision du sport et de ta pratique au quotidien.

 

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